• 1Corinthiens 1 à 5

    Chapitre 1

              Comme avec chacune de ses épîtres, Paul commence avec une salutation et donne quelques paroles d'encouragement. Cependant, il rentre rapidement dans le vif du sujet tellement il est inquiet pour l'église. Les trois parties du chapitre sont:

    1. Salutations et actions de grâce - v 1-9
    2. Les divisions au sein de l'église - v 10-16
    3. La sagesse de Dieu et la sagesse du monde - v 17-31

      

    LES DIVISIONS v 12

              Paul dénonce 4 clans qui déstabilisaient l'église menaçant l'unité des chrétiens. Ceux-ci s'identifiaient en se réclamant d'un certain apôtre. Cependant, il n'y avait aucune division entre les apôtres eux-mêmes. Ils se faisaient exploiter par les clans.

     

    1. Ceux qui se réclamaient de Paul

              Des Romains dans l'église se sentaient proches de Paul parce qu'il était un citoyen romain, l'apôtre des païens (Galates 2:8). Ceux-ci déformaient l'enseignement de la grâce apporté par Paul pour justifier l'immoralité si présente à Corinthe. Ils disaient que selon Paul il n'y avait plus de condamnation. La grâce de Dieu rend libre, donc ils pouvaient continuer dans le péché.

     

    1. Ceux qui se réclamaient d'Apollos

              Apollos était de la ville d'Alexandrie, un centre intellectuel célèbre. Il était lui-même très instruit dans les écritures et un puissant orateur. Les grecs qui aimaient les débats intellectuels et qui cherchaient à transformer la foi en Christ en philosophie se sont appuyés sur Apollos, un véritable homme de Dieu.

     

    1. Ceux qui se réclamaient de Cephas.

    Cephas est la forme juive du nom de Pierre. Il s'agit certainement d'un clan juif au sein de l'église qui défendait le légalisme du judaïsme. Pour eux la loi avait plus d'importance que la grâce.

     

    1. Ceux qui se réclamaient de Christ

              Certains se présentaient comme étant les seuls vrais chrétiens en refusant de reconnaître les ministères. Ils avaient un discours d'apparence très spirituel en disant qu'ils obéissaient à Dieu et pas aux hommes. L'orgueil et la rébellion qui motivaient ce clan ont fait beaucoup de dégâts dans l'église de Corinthe.

     

    LES RÉACTIONS FACE AU MESSAGE DE L'ÉVANGILE. v20-25

              Un thème qui revient à plusieurs reprises dans l’épître est le contraste et l'opposition entre la sagesse de Dieu et la sagesse du monde. Paul dit que la sagesse du monde rejette le message de l'Evangile parce qu'il ne correspond pas à ce qu'il veut entendre.

           Le salut par la mort de Jésus sur une croix provoque deux réactions particulières :

    1. Pour les Juifs, ce message est un scandale.

          Le juif ne voyait que par la loi donnée à Moïse. Comment, donc, Dieu pouvait-il offrir le salut par quelqu'un qui meurt condamné par la loi.

          Les juifs cherchaient également des signes de puissance qui annonceraient l'arrivée glorieuse du Messie du ciel. Jésus, quand il a opéré des miracles, a demandé que ceux-ci ne soient pas proclamés. Dans son humilité il a accepté de descendre de la croix, mort, dans les bras de deux hommes plutôt que descendre puissamment comme le réclamaient les Pharisiens.

     

    1. Pour les Grecs, ce message est de la folie.

          Selon leur philosophie Dieu était insensible. Il ne pouvait expérimenter les émotions telles que joie, tristesse, colère, souffrance. Pour eux, Dieu était transcendant et ne pouvait souffrir. L'incarnation était inimaginable.

          La sagesse grecque cherchait des héros intellectuellement forts avec une parole pointue qui s'imposait dans les débats.

          Le message de l’Evangile était trop terre à terre, il touchait trop le vécu personnel.

     

    LE CHOIX DE DIEU v 26-31

              Dans l'église primitive il y avait plusieurs personnes converties de la haute société, mais la majorité des chrétiens venait du milieu du peuple.

              Le monde les voyait comme étant sans valeur, mais la sagesse de Dieu leur donnait une grande valeur. Les femmes, les esclaves, les pauvres étaient tous enfants de Dieu et aux yeux de Dieu avaient la même valeur que les maîtres.

              Dieu rétablit la dignité humaine en choisissant les choses folles, faibles et viles, pour qu'elles puissent porter sa gloire (v 27-29)

              Tout bon décorateur choisit soigneusement un décor neutre pour que l'attention soit portée sur un tableau.

              Ayant choisi les gens qui ont un coeur humble, maintenant Christ peut devenir pour eux tout ce qu'ils ne possèdent pas eux-mêmes.

              v 30 :

    1. Sagesse - vérité
    2. Justice - pardon
    3. Sanctification - pureté
    4. Rédemption - libération du passé et du péché

     

              La sagesse de Dieu est tout simplement afin que « celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur ». Avec une telle disposition de coeur les divisions dans l'église comme celle de Corinthe disparaissent.

     

    Chapitre 2

           Comprendre cette épître c'est comprendre les problèmes qui existaient dans l'église à Corinthe. Paul est particulièrement inquiet des divisions entre les membres. Dans ce chapitre il aborde la question de l'homme spirituel.

     

    LE PROBLÈME DE SE CROIRE TRÉS SPIRITUEL

              Paradoxalement, c'est la conception « d'être spirituel » qui est à la base de l'indépendance et les divisions chez les Corinthiens.

              Nous avons déjà vu au premier chapitre que les clans se réclamaient de tel ou tel ministère, comme si les ministères étaient en compétition par rapport à leur onction et autorité.

              Paul félicite les Corinthiens pour leur niveau d'opération de dons spirituels

    (1Corinthiens 1:5-7). Ils étaient très « charismatiques ». Pourtant, il les appelle « charnels » (1Corinthiens 3:1). Au nom du Saint-Esprit, ils se comportaient charnellement.

              Dans ce chapitre, Paul leur montre qu'il connaît bien la dimension du Saint-Esprit et son enseignement est donné afin que ses lecteurs deviennent réellement des hommes spirituels.

     

    LES CARACTÉRISTIQUES DE L'HOMME SPIRITUEL

     

    1. Il prêche Jésus avec simplicité v 1, 2.

    Paul arrivait d'Athènes où il avait prêché aux philosophes en utilisant une approche un peu plus « philosophique ». Mais les résultats étaient faibles. N'est-il pas en train d'exprimer une leçon tirée à Athènes ( Actes 17:22-34).

     

    1. Il est vrai v

    Paul n'hésite pas à révéler ses états d'âmes. L'homme spirituel ne se cache pas derrière des façades. Dans son humilité, il reconnaît ses propres combats. Ce qui compte c'est la force de Dieu qui se manifeste dans cette faiblesse (2Corinthiens 12:10).

     

    1. Il est porté sur les fruits spirituels v 4,5.

    Une démonstration d'Esprit et de puissance vaut mieux qu'un discours persuasif. Ce n'est pas ce qui sort de sa bouche qui compte pour Paul, mais l'impact spirituel ressenti dans le coeur de ses auditeurs. La foi doit être fondée sur une expérience puissante de Dieu plutôt que sur des propos bien présentés.

     

    1. Il connaît les choses spirituelles révélées par l'Esprit de Dieu v 6-9.

    Sa connaissance ne vient pas par l'histoire, les sciences, la sociologie, mais par Dieu qui révèle les choses d'en haut. Cette dimension de connaissance ne vient pas par le biais de l’œil, l'oreille ou la langue humaine.

     

    1. Il entretient une communion personnelle avec le Saint-Esprit v 10, 11.

    Il est convaincu que sans cette sensibilité, il ne peut connaître les choses de Dieu. Le Saint-Esprit est une personne réelle et non une théorie ou une doctrine. Nous pouvons l'accueillir et apprendre à lui être sensible.

    1. Il refuse l'esprit du monde v 12.

    Les préoccupations du monde agissent directement contre sa capacité d'être conduit par le Saint-Esprit.   

     

    1. Il a de l'assurance v 12.

    Il sait qu'il a reçu le Saint-Esprit et il sait que Dieu lui a déjà donné des « choses » par sa grâce. L'Esprit lui révèle les choses qu'il a déjà reçues.

     

    1. Il exprime les choses spirituelles avec un langage spirituel v 13.

    Le langage spirituel n'est ni le langage religieux ni le langage exalté. Le langage spirituel est simple, vrai, direct et touche le cœur.

     

    1. Il se retrouvera devant l'homme naturel qui réagira et s'opposera à son approche et à ses paroles v 14.

    Il aura un autre discernement sur chaque situation. Son comportement, parce qu'il est réellement spirituel, n'attirera pas le jugement d'autres hommes spirituels.

     

    1. 10. Il peut faire confiance à ses pensées v 16.

    Comme il est animé de la pensée de Christ, le Saint-Esprit se révélera surtout au niveau des pensées. Les dons de l'Esprit, paroles de connaissance, paroles de sagesse, prophéties, discernement des esprits se manifestent surtout au niveau de la pensée.

     

              Le comportement des Corinthiens était manifestement charnel. Les fruits de leurs paroles et de leurs attitudes n'étaient pas les fruits du Saint-Esprit ( Galates 5:22 ). Paul nous invite à entrer dans une communion avec le Saint-Esprit, afin que nous soyons remplis des choses de Dieu.

     

     

    Chapitre 3

              Comme dans le premier chapitre, Paul aborde le thème principal de l'épître : ce qui divise les chrétiens. Les clans qui se réclament des différents ministères sont de nouveau interpellés. Deux fois dans ce chapitre Paul dénonce la folie de se réclamer d'un ministère plutôt que d'un autre (v 4,5 et v 21,22).

     

    Le chapitre peut être découpé en quatre parties :

    1. L'homme charnel – v 1-5
    2. L'image du champ – v 6-9
    3. L'image de l'édifice – v 9-17
    4. La sagesse du monde – v 18-23

     

    L'HOMME CHARNEL

              Après avoir fait la distinction entre l'homme spirituel et l'homme naturel au chapitre précédent, cette troisième catégorie parle du chrétien ayant vécu une conversion personnelle qui continue à laisser la chair, ou les désirs du « moi », dominer sur sa vie spirituelle.

     

    Les caractéristiques d'un chrétien charnel :

    1. Il ne peut recevoir un enseignement solide qui demande un sacrifice et une discipline de vie – v 2.
    2. Il est jaloux d'autres chrétiens – v 3
    3. Il est impliqué dans des disputes – v 3
    4. Il se veut supérieur aux autres – « être quelqu’un »– v 7

     

    L'IMAGE DU CHAMP

            Cette image est particulièrement importante pour comprendre la collaboration qui doit exister entre les ministères et Dieu.

            Chaque ministère a son rôle à jouer qui sera différent, mais complémentaire aux autres (voir l'image du corps dans 1Corinthiens 12:21 ).

            C'est l'action de Dieu qui permet aux ministères de voir les fruits de leur travail. Personne ne peut réussir seul.

            La récompense de Dieu ne vient pas au niveau de la fonction, mais au niveau de la qualité du service de l'un et de l'autre. Dieu rémunère, non pas pour des raisons hiérarchiques ou d'ancienneté, mais sur le plan du fonctionnement efficace – v 8.

            L'image du champ est également importante parce qu'à l'inverse d'un édifice qui est une construction, planifiée et figée, un champ peut connaître des résultats variables en fonction des circonstances que l'homme ne maîtrisera pas. Le champ doit être sans cesse cultivé.

     

    L'IMAGE DE L'ÉDIFICE

            Paul utilise cette image pour parler du peuple de Dieu comme sanctuaire au milieu duquel demeure la présence de Dieu.

            Nous sommes appelés à construire avec récompense au bout.

    Ceux qui détruisent cet édifice seront eux-mêmes détruits.

            Les ministères sont complémentaires dans la construction comme dans le champ :

     

    Dans le champ       – l'un plante et l'autre arrose – v 6

    Dans le bâtiment    – l'un pose le fondement, l'autre construit dessus – v 10

     

            Le fondement de l'église est Jésus-Christ et lui seul.

            Il est possible de construire d'une façon durable ou d'une façon périssable.

            La récompense vient seulement si l’œuvre subsiste

            Non seulement le Seigneur cherche la productivité, mais la qualité du travail

            qui est fait – v 14.

     

    LA QUESTION D'ÊTRE SAUVÉ « AU TRAVERS DU FEU » v 15

            La théologie catholique s'appuie sur ce verset pour justifier sa doctrine du purgatoire, lieu de purification de ses péchés avant d'accéder au paradis après sa mort.

            Cependant, cette référence de Paul signifie autre chose. Le feu n'est pas un agent de purification du bâtisseur, mais ce qui met à l'épreuve l’oeuvre qu'il a accomplie.

            Le feu ne lui permet pas de gagner le paradis. Au contraire, il lui fait perdre sa récompense sans perdre son salut.

            L'expression « au travers » a le sens d'être sauvé « du milieu de » et non « par le moyen de ». Un enfant qui joue avec des allumettes et commence un feu est sauvé des conséquences de sa folie par ses parents. Il n'est pas délivré de sa folie par le feu qu'il a commencé. Le feu parle d'épreuves sur terre pendant son vivant.

     

    LE TEMPLE

            C'est une allusion à l'église locale, la communauté des croyants. L'église est un lieu saint construit sur le fondement de Jésus-Christ (v 11), par des ouvriers ayant reçu la grâce de Dieu (v 10).

            Le Saint-Esprit habite ce temple. Critiquer et attaquer l'église est s'attaquer à une oeuvre sainte de Dieu, malgré ses imperfections.

     

    LA SAGESSE DU MONDE

            Dans le chapitre précédent Paul avait expliqué que la sagesse du monde était à l'origine des divisions dans l'église.

            Une nouvelle fois, la sagesse de l'intelligence humaine qui pousse l'homme à exprimer tout son orgueil face à Dieu est rejetée. Cette sagesse est folie. Celui qui possède cette sagesse est appelé à s'humilier et devenir « fou » selon le monde.

            Paul renverse le raisonnement des Corinthiens qui disaient « appartenir » à un des ministères. Il déclare que tous les ministères leur appartiennent. Les ministères élèvent les chrétiens jusqu'à Christ et Christ les élève jusqu'à Dieu. Voici le véritable rôle des ministères qui sont cités dans Ephésiens 4:11-13. Voici également la signification d'être « un en Christ"».

     

    Une derniÈre observation

            En formulant le plus grand commandement, Jésus a dit que l'amour pour son prochain suit l'amour pour Dieu (Marc 12:28-31). Notre amour pour Dieu se révèle par notre amour pour notre prochain.

            Paul explique que l'inverse est également vrai. Un homme charnel manifestera sa pauvreté spirituelle par les conflits et les disputes avec son prochain.

     


    Chapitre 4

              L'église de Corinthe était fortement divisée. Les clans se réclamaient de différents ministères, en fonction des sensibilités culturelles, sociales, et religieuses. Paul, systématiquement, cherche à identifier les causes des divisions, en particulier la sagesse du monde et le niveau charnel des Corinthiens.

              Dans ce chapitre, l'apôtre confronte l'orgueil des chrétiens qui déforme leurs façons de voir les ministères.

     

    SERVITEURS ET DISPENSATEURS

              Au verset 1 Paul choisit bien ses images pour parler des ministères :

              Serviteur – le mot utilisé parle d'un esclave sur une galère qui doit ramer au rythme donné pour faire avancer le navire. L'idée d'humilité et d'obligation est claire.

              Dispensateur – le mot utilisé fait référence à un gérant de grande propriété. Il est esclave, mais il est élevé à une place d'autorité sur le personnel pour assurer le fonctionnement de la maison. La fidélité lui est exigée (v 2). Un ministère doit être perçu de cette façon par rapport aux « mystères de Dieu » – v 1.

     

    LES TROIS JUGEMENTS v 3-5

              1 – Le jugement que les autres portent sur nous - les autres peuvent avoir raison à notre égard ou peuvent se tromper.

              2 – Le jugement que nous portons sur nous-mêmes - mais souvent nous nous voilons la face et ce jugement manque d'objectivité.

              3 – Le jugement de Dieu - c'est le seul vrai jugement parce que Lui seul connaît toutes les circonstances et les véritables mobiles du cœur.

     

    L'ORGUEIL

              Par l'orgueil les Corinthiens se voulaient juges, même des ministères que Dieu avait placés dans l'église.

              ­Paul anéantit toute possibilité qu’un chrétien s'enorgueillisse en posant une question choc  « Qu'as-tu que tu n'aies pas reçu ? » – v7

              Cette question est derrière tout l'enseignement de Paul sur la grâce.

              ­L'orgueil pense tout connaître, tout comprendre et toujours avoir raison et par ce fait, réussir. Mais comprendre que tout vient de Dieu produit l'humilité, le respect et la reconnaissance.

              ­L'orgueil des Corinthiens faisait en sorte qu'ils s'estimaient riches, rassasiés, exerçant l'autorité, sages, forts, honorés – v 8-10

              ­L'image du défilé militaire – v 9. (Colossiens 2:15)

              Paul utilise une image très forte dans le but de choquer les Corinthiens. C'est celle du défilé triomphal d'un général romain qui entre dans sa ville après une grande victoire.       L'armée reçoit la gloire et l'adulation du peuple et traîne, derrière elle, les officiers de l'armée vaincue qui sont condamnés à mourir.

              Paul dit que l'orgueil des Corinthiens les élève à leurs yeux comme des conquérants. Derrière ce défilé, il y a l'humiliation des ministères qui acceptent la souffrance, les injures et les persécutions (voir v 10-13) afin que l'église de Jésus-Christ soit établie.

     

     

     

    LE PÉRE D'UNE ÉGLISE  v 14-17

              Paul « avertit » les Corinthiens « comme ses enfants bien-aimés » – v 14.

    Il se présente comme étant plus qu'un ministère, mais le père spirituel de cette église. Le mot « avertis » est celui utilisé quand un père corrige son fils.

              Il parle avec sévérité, pas comme un maître à ses esclaves, mais comme un père à ses enfants, pour les éduquer et les ramener de leur comportement insensé sur le bon chemin.

    • Ils avaient dix mille maîtres - des tuteurs qui donnaient conseil. Mais seul Paul était

    leur père qui les a engendrés en Jésus-Christ et qui les a amenés à la vie.

    • Paul leur lance un défi étonnant, que seul un père peut lancer « soyez mes

    imitateurs » – v 16.

     

    LES CINQ RAISONS D'ENVOYER TIMOTHÉE v 17

    1. Il est son fils spirituel.
    2. Il est bien-aimé.
    3. Il est fidèle dans le Seigneur.
    4. Il rappellera les voies de Paul en Christ.
    5. Il rappellera ce que Paul enseigne dans les églises.

     

    LA MISE Á L'ÉPREUVE DES CORINTHIENS v 18-21

              Enflés d'orgueil, les Corinthiens étaient des beaux parleurs. Le royaume de Dieu ne consiste pas de paroles, ni à l'époque, ni aujourd'hui. Ce que Paul cherche, ce sont des vies puissantes, des vies qui rayonnent Christ.

             

              Paul termine avec la question des divisions dans l'église pour se concentrer dans les trois chapitres qui suivent à l'autre grand problème de l'église de Corinthe... l'immortalité.

     

    Chapitre 5

              Après avoir traité le problème des divisions dans l'église de Corinthe dans les chapitres 1-4, Paul, maintenant, commence à aborder la deuxième grande question « l’immortalité et le laxisme des membres de l'église ». Les chapitres 5 à 7 sont principalement consacrés à ce sujet.

              Corinthe était une ville où l'immortalité régnait. Les gens se convertissaient, mais il y avait deux difficultés de taille :

    1. Donner aux nouveaux convertis des principes de moralité chrétienne.
    2. Aider l'église à faire face à la tentation omniprésente dans la société païenne.

     

    Le chapitre 5 peut être découpé en trois parties interdépendantes :

    1. Un cas particulier dans l'église – v 1-5
    2. Le vieux levain – v 6-8
    3. Juger le pécheur – v 9-13

     

    LE CAS PARTICULIER

              Un homme, membre de l'église, vivait maritalement avec sa belle-mère, la femme de son père v 1. Ceci avait été formellement interdit par la loi de Moïse (Lévitique 18:8) et était perçu comme une telle perversion que même les païens ne se permettaient pas de la pratiquer.

              Paul, cependant, est encore plus choqué par le laxisme des chrétiens qui acceptaient cette situation au sein de l'église. Ils n'ont pas agi pour régler le problème, ils l'ont toléré.

     

              Paul dit que les chrétiens auraient dû être « affligés ». Le mot qu'il utilise est celui utilisé pour pleurer un mort. – v 2

        Le pécher devrait choquer le chrétien et celui qui s’enracine dans le péché devrait être perçu comme un bien aimé qui vient de décéder.

     

    ÊTRE LIVRÉ A SATAN

              Paul n'accepte pas cette situation. Il propose une solution : que l'homme soit « ôté du milieu de vous » v 2, et qu’il soit « livré à Satan » v 5.

              Le sens de cette phrase forte est très simple. Le monde est le domaine de Satan, l'église est la communauté sous la couverture spirituelle de Dieu. « Livré à Satan » est l'expression spirituelle pour l'acte d'expulser quelqu'un de l'église.

              Il est important de noter que cet acte de dernier recours n'est pas pour condamner, mais pour pousser le pécheur à se réveiller et à se repentir: « afin qu'il soit sauvé» v 5

    Ceci est également le cas quand Paul utilise cette même phrase dans 1Timothée 1:20.

    Dans l'église primitive toute discipline avait comme but la restauration et la rédemption de la personne.

     

    LE VIEUX LEVAIN

              Le levain était une pâte qui restait d'une cuisson antérieure et qui s'était fermentée. La littérature juive présente le levain comme une influence maléfique. La fermentation évoque la notion de corruption.

     

              L'apôtre appelle le nouveau converti à être une pâte nouvelle, n'ayant aucune trace du péché du passé.

              Christ est notre Pâque, une fête sans levain et chaque chrétien doit vivre dans la pureté et la vérité comme des pains sans levain.

              Le levain dans ce contexte, parle en particulier des pratiques immorales des corinthiens.

     

    JUGER LE PÉCHEUR v 12,13

              Ces versets 12 et 13 sont très significatifs au niveau de l'ecclésiologie, la doctrine de l'église.

              Pour résumer, Paul dit : Dieu jugera le pêcheur inconverti le jour du jugement, mais c'est à l'église de juger le pécheur, membre de l'église.

              Juger n'est pas murmurer contre quelqu'un, mais c’est refuser le comportement de pécheur chez le chrétien et d'agir fermement pour qu’il n'infecte pas l'église.

              Au verset 13 Paul répète « Otez le méchant du milieu de vous ». Il ne fait que confirmer ce que Jésus avait déjà enseigné en établissant une procédure d'interpellation du chrétien rebelle et désobéissant. – voir Matthieu 18:15-20.

              D'autres passages dans l'enseignement de Paul nous montrent la nécessité d'écarter un frère dans la perspective qu'il se réveille face à son péché – voir 2 Thessaloniciens 3:6,14,15.

     

    LES TROIS CATÉGORIES DE PÉCHEURS v 10

              1 – Les débauchés - (fornicateurs)

    Ceux qui se comportent comme des bêtes qui pensent ne pas devoir vivre selon une loi morale. Il ne respecte pas sa personne comme étant faite à l'image de Dieu avec dignité et valeur spirituelle. Il pèche donc contre lui-même.

     

              2 – Les cupides et ravisseurs

    Ceux qui exploitent l'autre pour son gain personnel. C'est le matérialiste. Il ne donne pas à l'autre, il lui prend ce qu'il a. Il pèche donc contre l'autre.

     

              3 – Les idolâtres

    Ceux qui se livrent à toutes les pratiques occultes et superstitieuses. Il veut adorer autre chose que le seul vrai Dieu. Il pèche donc contre Dieu.

     

              Avec ce chapitre, Paul annonce clairement la couleur aux chrétiens de Corinthe... NON au péché et à l'immoralité.