• 1Corinthiens 6 à 10

    Chapitre 6

     

              Nous avons vu dans les chapitres précédents la réponse de Paul aux deux grands problèmes de l'église de Corinthe : les divisions et l'immoralité. Dans ce sixième chapitre l'apôtre, père spirituel de l'église, commence en abordant une des conséquences des divisions pour ensuite revenir sur les questions de moralité et comportement de pécheur.

     

    Le chapitre se divise en trois parties :

    1. Les procès entre chrétiens - v 1-8
    2. Les catégories de pécheurs - v 9-11
    3. Le corps, temple du Saint-Esprit - v 12-20

     

    LES PROCÉS ENTRE CHRÉTIENS

              Les juifs réglaient leurs différents en famille dans les synagogues, mais pour les Grecs, un tribunal était à la fois un lieu de divertissement et une estrade pour montrer sa supériorité de logique et d'argumentation.

              Pour un procès il pouvait y avoir jusqu'à 6000 jurés. Il y avait donc une très forte culture de contentieux et de litige à Corinthe.

              Comme ce fût le cas pour les clivages culturels, cette mentalité d'attaquer devant les tribunaux est entrée dans l'église.

              Ceci était la suite directe des divisions entre les chrétiens de la communauté.

     

    L'enseignement et les exhortations de Paul sont les suivants :

    1. Les justes ne peuvent espérer la justice de Dieu de la part des injustes (inconvertis).
    2. Les différends entre chrétiens (ils existent) doivent être jugés au sein de l'église.
    3. Après le retour de Christ les chrétiens auront la responsabilité de juger le monde et les anges.
    4. Mieux vaut souffrir une injustice que d'en commettre une voulant se faire justice.

     

              Paul réaffirme que l'attitude d'un chrétien doit être de chercher la paix plutôt que de vouloir se venger ou se faire dédommager.

              Ceci reflète les paroles mêmes de Jésus – Luc 6:27-30.

     

              Il y a une grande libération pour celui qui ne réclame pas toujours ses droits. Il évite beaucoup de conflits inutiles.

     

    LES CATÉGORIES DE PÉCHEURS

              Paul est célèbre pour ses listes – les dons de l'Esprit (1Corinthiens 12), les fruits de l'Esprit (Galates 5:22), les ministères au sein du corps de Christ (Ephésiens 4:11). Nous avons ici une liste des différents types de péchés.

     

              Le bâtiment le plus imposant de la ville de Corinthe était le temple d'Aphrodite, la déesse de l'amour. Dans ce culte l'idolâtrie et l'immoralité étaient étroitement liées.

             

              1 – Les débauchés – fornicateurs, tous ceux qui vivaient des rapports sexuels en dehors du mariage. Le mot était également souvent utilisé pour parler d'hommes prostitués.

              2 – Les idolâtres – une idole est un symbole d'un dieu qui pour des gens charnels rend le culte plus accessible. Ils peuvent oublier le dieu et adorer le symbole.

     

              3 – Les efféminés (les doux) – Ils vivent tellement dans le luxe et pour les belles choses qu’ils perdent leur capacité de faire des sacrifices et d'accomplir des tâches difficiles.

              4 – Les voleurs – Ils étaient partout et ils exploitaient toutes les situations possibles. Même les esclaves doués étaient enlevés. La mort attendait un voleur condamné.

              5 – Les ivrognes – même les enfants s'enivraient. Pour le petit déjeuner ils trempaient le pain dans le vin. Les Grecs buvaient avec modération leur vin étant dilué, mais les Corinthiens buvaient pour le plaisir de s'enivrer.

              6 – Les ravisseurs – l'amour du gain poussait les Corinthiens à exploiter les autres. Le même mot est utilisé pour parler de l'abordage d'un navire marchand par des pirates en lançant des crochets sur des cordes.

              7 – Les homosexuels – la société grecque et romaine était imprégnée d'homosexuels. Socrate et 14 des 15 premiers empereurs romains, dont Néron et Hadrian, étaient homosexuels. L'homosexualité est historiquement liée à la déchéance de l'empire romain et à sa chute éventuelle.

     

              Paul déclare la puissance de l'Evangile de Jésus-Christ et la libération du Saint-Esprit qui lavent, sanctifient et justifient ces pécheurs pour les transformer en enfants de Dieu.

     

    LE CORPS, TEMPLE DU SAINT-ESPRIT

              Les Grecs élevaient la pensée et méprisaient le corps. Le corps était perçu comme la prison de l’âme. Ceci a produit deux approches – l'ascétisme, qui traitait durement le corps et l'hédonisme, qui laissait le corps tout faire (comme il était d'aucune importance).      

              Les Corinthiens étaient surtout de cette dernière approche.

     

              Paul déclare que le corps est éternel parce qu’il ressuscitera, donc il a une valeur spirituelle

              Le corps est pour le Seigneur, il appartient à Dieu.

    Avec le corps, on peut devenir une seule chair avec une prostituée, ou s'attacher au Saint-Esprit et devenir un seul esprit avec lui. La communion avec Dieu est corporelle et spirituelle.

            L'immoralité, c'est le péché contre le corps qui est le temple du Saint-Esprit.

     

           Le chrétien est appelé à glorifier Dieu avec son corps. Dieu prend note de la façon dont, soit nous maltraitons le corps, soit comment nous le disciplinons et l'utilisons pour le louer et le glorifier.

            Le corps d'un chrétien devient sacré.

            Converti à Jésus le chrétien n'est pas l'esclave du corps, mais son maître.

     

           Ayant dénoncé l'immoralité, Paul peut maintenant répondre à toutes les questions des Corinthiens qui lui sont posées sur le mariage.

     

    Chapitre 7

     

              Les conseils que Paul donne concernant le mariage dans ce chapitre ne peuvent être compris sans prendre en compte le contexte dans lequel il écrit.

     

    Deux choses ont influencé l'approche de Paul

              1 - Le mépris du corps dans la culture grecque

              La pensée donnait à l'homme sa dignité, mais le corps physique ne le rendait pas mieux qu'un animal. L'attitude de mépris pour la vie physique conduisait soit à l'immoralité, soit à une tentative d'abaisser l'aspect naturel de la vie.

     

              2 – La conviction de Paul que le retour de Jésus était imminent v 29

              Dans cette épître écrite en 54 ou en 56, Paul présente le mariage comme une concession ou une option secondaire en vue du retour de Jésus. Six ans plus tard dans son épître aux Ephésiens l'attitude de Paul concernant le mariage a évolué comme le second avènement de Christ se faisait attendre. Dans cette dernière épître le mariage est présenté comme l'union permanente et l'image sacrée de la relation entre Christ et l'église.

     

    LES PRISES DE POSITIONS EXTREMES DE CERTAINS CHRETIENS DE CORINTHE

              1 – Une fois chrétien le couple devait s'abstenir de tous rapports sexuels.

              2 – Les jeunes ne devaient pas se marier.

              3 – Si l'époux ou l'épouse du nouveau converti ne se convertissait pas, il fallait le              quitter.

              4 – Les mariages qui se faisaient ne devaient pas être consommés. Les mariés          devaient rester vierges.

     

    LES CONSEILS DE PAUL SONT FONDES SUR TROIS PRINCIPES

              1 – La maîtrise de soi, la discipline et la chasteté sont de bonnes choses. Les passions du corps doivent être maîtrisées afin que le corps puisse être utilisé pour la gloire de Dieu.

              2 – La vie chrétienne n'est pas la fuite d'une vie normale. Ce qui est normal est élevé par la foi et la consécration à Dieu. Le spirituel et le naturel sont réconciliés.

              3 – La foi n'est pas source de tourments et d'angoisses. Le corps n'est pas perçu comme l'ennemi de l’âme, mais comme un instrument pour Dieu à canaliser

    (Romains 6:13)

     

    LES CONSEILS DE PAUL SUR DES QUESTIONS PRÉCISES

              1 – Dans le mariage les rapports sexuels sont normaux. Comme dans toutes choses ils doivent se dérouler d'un commun accord (v 5).

              2 – Il faut éviter toute immoralité en tant que célibataire (v 7-9).

              3 – Le divorce n'est pas une option pour le couple chrétien (v 10,11)

              4 – Vivre avec un époux (une épouse) inconverti (e) est possible pour le chrétien (v12-14). Dans la société, les familles et les couples étaient perturbés lorsqu'un membre ou un des conjoints se convertissaient à Christ. Les apôtres ont répondu par une affirmation de la nature permanente du mariage en appelant le chrétien à travailler avec respect sa relation avec le conjoint inconverti.

     

              5 – Si l'inconverti abandonne le foyer, le chrétien peut divorcer et se remarier (v15). « pas liés » fait référence au lien du mariage.

              6 – Il ne faut pas épouser un inconverti dans l'espoir qu'il se convertisse (v16).

              7 – Devant l'imminence du retour de Jésus, chaque nouveau converti accepte de rester dans l'état où il était lors de sa conversion (v 17, 20, 24, 27).

              Exemple – circoncision, esclave, mariage.

              8 – La grande priorité de la vie chrétienne et du couple chrétien doit être « s'attacher au Seigneur sans distraction » (v 35)

              9 – Le remariage du chrétien après le décès du conjoint est possible, mais il ne peut être que « dans le Seigneur » (avec un autre chrétien) v 39.

     

    COMMENTAIRES DIVERS

              1 – « Je voudrais que tous les hommes soient comme moi » v 7

    Paul a t-il été marié ? Un bon nombre de commentateurs bibliques disent "OUI" et ceci pour deux raisons :

              a – Les rabbins comme Paul devaient se marier à 18 ans. Un jeune aussi dévoué que Paul à la défense de la loi juive n'aurait pas refusé cette obligation.

          

            b – Paul était membre du sanhédrin à Jérusalem avant sa conversion (Actes 26 :10). Tout membre du sanhédrin à Jérusalem devait être marié. Il est possible que son épouse soit décédée avant sa conversion, mais il est probable qu'elle l'ait quitté ne supportant pas de vivre avec un « traître » de la religion juive.

     

              2– « Le conjoint non-croyant est sanctifié par le conjoint chrétien » v 14

              Paul n'enseigne pas le salut automatique de tous les membres de la famille d'une personne qui se convertit à Christ. Il parle plutôt de l'effet sur le foyer d'une personne qui est touchée par la grâce de Dieu. Le foyer entier est enrichi spirituellement.

     

              3 – « Un affranchi du Seigneur» v 22,23

              Paul fait allusion à un esclave. Celui-ci avait une possibilité de s'affranchir. Par des petits boulots il avait quelques maigres revenus qu'il déposait dans une caisse dans le temple de son dieu. Après de nombreuses années, il demandait à son maître de l'accompagner au temple. Le prêtre remettait la somme au maître et l'esclave devenait la propriété de son dieu. Il n'était plus l'esclave des hommes.

              Quelle belle image de l'esclave du péché affranchi par le prix que Christ a payé de sa propre vie.


    Chapitre 8

     

              Dans ce chapitre Paul répond à une question précise qui provoquait des problèmes dans l'église de Corinthe – celle de la viande sacrifiée aux idoles.

              Avec cette question les divisions dans l'église refont surface. L'apôtre expose de nouveau ce qui est charnel et motivé par l'orgueil humain.

     

    LA VIANDE SACRIFIÉE AUX IDOLES

              Ce problème, auquel les églises occidentales du XXième siècle ne sont pas directement confrontées, révèle les différentes sensibilités et le respect d'autrui.

              Certains des Corinthiens avaient servi des idoles toute leur vie avant de se convertir à Christ. Avec le message de la liberté qui vient avec la grâce le chrétien ne doit plus prendre en compte les choses qui autrefois avaient une signification religieuse.

              Cependant, certains convertis plus faibles dans la foi gardaient une sensibilité par rapport aux anciens objets de culte.

     

              Un exemple plus proche de nous.

              Un catholique qui a prié Marie pendant des années ou répété le chapelet découvre Jésus en tant que seul médiateur et intercesseur auprès du Père. Il arrête de prier la vierge. Pour un chrétien éclairé le chapelet n'est pas plus qu'un autre collier. Mais, pour celui qui est faible dans la foi il ne sait pas le mettre à la poubelle ou le transformer en bijou fantaisie, parce qu'il continue à y attacher une valeur religieuse.

     

    LE CONFLIT DES CONNAISSANCES

              Avoir « la connaissance» pour Paul c'est comprendre que « ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu » v 8.

    Cependant, si cette « connaissance » est la seule chose qui influence le comportement du chrétien, plusieurs conséquences en découlent :

    1. Il devient enflé dans son orgueil – v 1
    2. Il pense ne plus avoir à apprendre – v 3
    3. Il peut devenir une pierre d'achoppement pour un « faible » - v 9
    4. Tout en affirmant la Seigneurie de Christ il peut pêcher contre Christ – v 12

     

              La véritable « connaissance » de Dieu se manifeste de la façon suivante :

    1. L'amour pour Dieu - v 3
    2. Le désir d'édifier l'autre - v 1
    3. Le désir de ne pas blesser la conscience faible – v 12
    4. Changer son comportement en fonction de l'autre – v 13

     

    LE RESPECT DE L'ÉTAT DE CHACUN

              Dans ce passage, Paul réconcilie la vérité et la grâce, ce qui fait la marque du ministère de Jésus – Jean 1:14-17. Paul appelle « les faibles » ceux qui manquent de connaissance de ce que Jésus a accompli. Mais il dit que celui qui est éclairé doit le respecter et l'accepter comme tel.

              ­Ceci produit l'unité entre les chrétiens.

              ­Chaque chrétien a ses sensibilités, ses faiblesses, ses domaines où la victoire n'est pas encore acquise.

              ­Dans une ambiance de respect et d'amour aucune sensibilité n'est blessée, mais la vérité n'est pas bafouée pour autant.

     

    PAUL DONNE L'EXEMPLE

              Paul a farouchement défendu la cause des païens qui se convertissaient face aux Juifs qui voulaient leur imposer la circoncision.

    Mais dans une situation particulière, il a demandé à Timothée de se faire circoncire

    Actes 16:3.

              A différentes reprises Paul a accepté de se conformer à certaines coutumes

    Actes 21:17-26.

     

    PLUSIEURS DOMAINES QUI POURRAIENT SCANDALISER

    ­Le train de vie d'un riche ;

    ­La façon de parler des autres religions

    ­Des prises de positions politiques

    ­La façon dont on parle de la sexualité

    ­Le refus de respecter des coutumes chez les autres

    ­Les questions d'alcool

     

              Beaucoup de chrétiens, dans les premiers mois de leur conversion, ont gâché leur témoignage auprès de leur famille, simplement parce qu'ils n'ont pas compris le principe de 1Corinthiens 8.

             

              Cette même question est traitée par Paul dans Romains14.

     

     

    Chapitre 9

     

              Ce chapitre nous permet de mieux comprendre Paul, l'apôtre et comment un chrétien peut être au service de l'Evangile.

     

    Deux questions sont abordées :

    1. Les droits de ceux qui prêchent l'Evangile – v 1-14
    2. Les obligations de ceux qui prêchent l'Evangile - v 15-27

     

              Au chapitre 8, Paul avait abordé la question d'adapter son comportement en fonction de l'autre pour ne pas être une occasion de chute pour le faible. Maintenant, il poursuit en illustrant ce principe par son approche personnelle au ministère et en l'appliquant au travail de gagner des âmes à Christ.

     

              Il y a des contrastes très intéressants dans ce chapitre

              ­Libre (v 1 et v 19) et serviteur (v 16 et v 25)

              ­Les droits (v 4-6 et v 12) et les responsabilités (v 16,17)

              ­Les biens spirituels (v 11) et les biens temporels

              ­Participer et gagner (v 24)

              ­Les sacrifices et les récompenses (v 25)

     

    LES DROITS D'UN MINISTRE DE L'ÉVANGILE

              Paul explique clairement que ceux qui sont appelés à consacrer leur vie au service de l'Evangile ont le droit de :

              ­Manger et boire (v 4)

              ­Se marier (sujet sensible pour les Corinthiens) (v 5)

              ­Ne pas devoir entretenir une autre activité professionnelle (v 6)

              ­Etre soutenus financièrement par les chrétiens (v 11)

              ­Etre soutenu financièrement dans ses déplacements avec son épouse (v 5)

     

    Pour illustrer les droits d'un ministre de l'Evangile, Paul utilise des images convaincantes :

    1. Le soldat au service de sa patrie (v 7)

    Le ministre de l'Evangile se bat contre le mal.

    1. Le vigneron qui plante sa vigne (v 7)

    Le ministre de l'Evangile implante des églises.

    1. Le berger fait paître son troupeau (v 7)

    Le ministre de l'Evangile paît le troupeau de Dieu.

    1. Le boeuf qui, selon la loi de Moïse, pouvait manger le grain qui tombe pendant la récolte (v 9)
    2. Le sacrificateur reçoit, selon la loi, une partie de ce qui a été offert sur l'autel (v 13)

     

    Cependant, Paul ne veut pas user de ses droits et ceci pour deux raisons

    1. Il ne voulait pas s'identifier aux pharisiens qui exploitaient leurs droits et leurs privilèges pour l'enrichissement personnel.
    2. Paul, en tant qu'apôtre et père spirituel, devait exercer une autorité spirituelle dans les églises. Il voulait garder son autonomie financière pour rétablir l'ordre.

    Il ne serait pas acceptable d’être dépendant de ceux qu'il devait reprendre.

     

    LES OBLIGATIONS D'UN MINISTRE DE L'ÉVANGILE

              L'annonce de l'Evangile est une vocation céleste. Paul a reçu cet appel le jour de sa conversion sur la route de Damas – Actes 26:15-18.

              Répondre à cette vocation est une charge, mais qui entraîne la récompense inégalée de voir Dieu transformer des vies (v 16,17).

     

    Un ministre de l'Evangile se retrouve devant 2 nécessités :

    1. Annoncer l'Evangile ;
    2. S’adapter dans sa façon de l'annoncer en fonction de l'auditeur.

     

              Paul a comme objectif « gagner le plus grand nombre » (v 20)

    Son côté réaliste sait que malgré tous les efforts ceux qui seront sauvés seront « quelques-uns » (v 22)

     

              L'apôtre révèle la priorité qui pèse sur tout son ministère

    « Je fais tout à cause de l'Evangile » (v 23)

     

    PAUL LE SPORTIF v 24-27

              Après Athènes où se déroulaient les jeux olympiques, Corinthe était la deuxième ville sportive du monde grec. Tous les 3 ans avaient lieu les jeux Isthmiques. A cette époque les foules se rassemblaient à Corinthe pour voir les sportifs tenter de remporter une couronne de pin qui leur assurait un statut de héros immortel dans l'esprit du public.

     

              En utilisant l'image de ces jeux Paul parle du chrétien comme :

    1 – Coureur - qui doit courir de manière à remporter le prix.

    2 – Lutteur - qui devait suivre un entraînement très strict pendant 10 mois pour           obtenir la couronne.

    3 – Boxeur - qui doit apprendre à être précis avec les coups qu'il donne.

     

              La leçon est claire. Si on participe c'est pour gagner. Pour gagner il faut se discipliner.

     

              Paul termine avec la phrase « de peur d'être moi-même désapprouvé après avoir prêché aux autres » v 27.

              Il fait allusion à l'hérault qui, avant un combat de boxe, appelle les combattants et leur annonce les règles du combat. Mais l'hérault, lui, ne remporte aucun prix.

     

              Une nouvelle fois, l'apôtre Paul présente aux Corinthiens une notion de ministère autre que celle qu’ils avaient.

              Un ministère de l'Evangile n'est pas source d'orgueil et de division, mais il se donne à l'appel qu'il a reçu en assumant tous les sacrifices nécessaires, afin que « le plus grand nombre » soit sauvé.

     

    Chapitre 10

     

              L'église à Corinthe est une église divisée par des clans rivaux, chacun se réclamant d’un apôtre. Paul dénonce l'orgueil et l’attitude de supériorité de certains dans la communauté.

              Au chapitre 8 il dénonce le manque d’amour de ceux qui ont « la connaissance » par rapport aux « faibles » dans la foi.

              Au chapitre 10 l'apôtre Paul aborde les questions suivantes :

    1. Le peuple de Dieu peut encore chuter malgré la grâce qu'il a reçue – v 1-13
    2. L'influence spirituelle néfaste des démons – v 14- 22
    3. Les limites de la liberté chrétienne – v 23 à 11:1.

     

    LA LECON TIRÉE D'ISRAEL DANS LE DÉSERT

              Paul interpelle les chrétiens qui sont arrogants et trop sûrs d'eux après leur expérience spirituelle, leur connaissance et leur baptême. Ils croyaient ne jamais plus courir le risque de la condamnation de Dieu.

              Cependant, l'histoire d'Israël nous montre que ceux qui ont beaucoup reçu de la part de Dieu peuvent se rebeller.

     

              Les expériences surnaturelles vécues par Israël dans le désert ont un parallèle spirituel pour le chrétien. Celles citées par Paul sont :

     

    1. Le nuage de la présence de Dieu – Nombres 9:15
    2. La traversée de la mer rouge – Exode 14:21
    3. La manne venue du ciel – Exode 16:11
    4. L'eau qui a coulé du rocher – Nombres 20:1-11

     

              Malgré toutes ces manifestations de puissance, la plupart du peuple n'était pas agréable à Dieu. Il a chuté dans quatre domaines :

     

    1. Il a manqué de foi et il a suivi le conseil des 10 espions qui avaient eu peur en explorant la terre promise (Nombres 16:30-32) - Ils périrent dans le désert.
    2. Il est devenu idolâtre avec le veau d'or (Exode 32:6)
    3. Il s'est livré à la fornication avec les femmes de Moab (Nombres 25:1-9)
    4. Il a murmuré contre Dieu et contre les responsables spirituels (Nombres 21:4-6)

     

              Paul dit avec force que ces choses sont un exemple pour nous, chrétiens (v 6,11), et doivent nous servir d'avertissement. « Que celui qui croît être debout prenne garde de tomber » (v 12).

     

    LA TENTATION OU L'ÉPREUVE

              Quand Paul parle de tentation, le mot qu'il utilise a surtout le sens de l'épreuve que Dieu permet pour révéler ce qu'il y a dans les cœurs. Ces épreuves ne sont pas envoyées pour nous faire chuter, mais afin que nous les surmontions et devenions forts.

             

              Les 4 choses que nous devons comprendre concernant les épreuves (v 13) :

    1. L'épreuve est une réalité pour le chrétien. Elle viendra assurément.
    2. Les épreuves que nous connaîtrons font parties de l'expérience humaine. Elles ne représentent rien d'extraordinaire.

     

     

    1. Dieu veille sur nous et ne nous permet pas d'être éprouvé au delà de nos capacités d'endurance.
    2. Avec chaque épreuve, Dieu nous donne toujours une porte de sortie. «Le moyen

         d'en sortir » est un mot qui évoque un passage pour franchir une chaîne montagneuse.

           La sortie n'est pas une retraite, mais une voie pour avancer et triompher.

     

    L'INFLUENCE DES DÉMONS

              Paul a déjà donné une raison pour ne pas manger la viande sacrifiée aux idoles - ne pas faire chuter celui qui est faible dans la foi.

              Maintenant, il donne une deuxième raison - ne pas s'exposer à une influence démoniaque. Allusion est faite aux fêtes païennes. Quand un païen offrait un sacrifice à un dieu, le sacrificateur lui rendait une portion de la viande afin qu'il puisse faire une fête avec sa famille et ses amis. On disait que par la viande, le dieu était présent à cette fête, et en la mangeant, le dieu entrait dans les participants. La fête était donc une communion entre le dieu et son adorateur.

              Paul présente la Sainte Cène célébrée par les chrétiens dans ce contexte. Ceci permet de mieux comprendre la présence spirituelle et non physique de Jésus au moment de la communion.

              Le danger que courraient ceux qui mangeaient la viande sacrifiée aux idoles ne venait pas de l'idole elle-même, mais des esprits mauvais qui s'attachaient à ces pratiques.

    Même si la liberté chrétienne permettait un acte en toute bonne conscience, s'exposer à une séduction démoniaque possible était la raison pour s'abstenir.

              Paul met en garde les chrétiens à la contamination spirituelle de certaines pratiques.

              Un exemple moderne serait certains types de musiques. Ecouter de la musique non chrétienne n'est pas « un péché », mais certaines musiques communiquent une puissance démoniaque très forte qui domine en particulier la jeunesse. Les films d'épouvante seraient un autre exemple.

              Une personne maintenant en communion avec Christ doit se protéger de tout ce qui pourrait être une communion avec des esprits mauvais.

     

    LES LIMITES DE LA LIBERTÉ CHRÉTIENNE

              Pour terminer cet enseignement Paul donne quelques conseils pratiques aux Corinthiens

    1. Ils peuvent acheter et manger tout ce qui se vend au marché. Il ne faut pas tomber dans les sensibleries.
    2. Chez le païen, ils peuvent manger ce qui est servi sans se poser de questions, sauf si c'est une provocation ou un piège tendu.
    3. La liberté est sous la condition de l'édification d'autrui

     

              Ces principes sont particulièrement importants pour le chrétien aujourd'hui dans sa relation avec le monde. Un chrétien devra maintenant s'abstenir de certaines pratiques pas pour des raisons de péché, mais pour des questions de pollution spirituelle et édification d'autrui.

     

              Dans ces derniers versets les deux motivations primaires de Paul sont claires :

              – La gloire de Dieu – v 31

              – Le salut du plus grand nombre – v 33.